Le 16 janvier 2019

Uber, Airbnb, Tinder (paraît-il), tous, prestataires comme clients, sommes désormais « notés ». C’est d’ailleurs une condition essentielle à la viabilité de l’économie des plates-formes qui a explosé au cours des dernières années. Comment en effet faire confiance à un particulier inconnu, lui ouvrir notre maison, lui confier une tâche ou l’exécuter dans l’attente d’un paiement s’il n’existe aucun moyen de réassurance ?

Pourtant, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais cette idée me met mal à l’aise. Le fait de devoir en permanence porter des jugements publics, comme d’y être exposé, m’apparaît comme une intrusion insupportable : voulons-nous vraiment aller vers une société dans laquelle tout le monde évalue en permanence tout le monde ? Ai-je été assez souriant hier soir en achetant mon pain ? Mon médecin m’a-t-il « tout à fait » ou seulement « plutôt » bien soigné ? Je suis désolé que le matelas de mon lit ne soit pas assez ferme à votre goût, cher locataire Airbnb…

Il ne manque plus qu’une interconnexion entre toutes ces informations pour créer un méta-index qui résume toute ma personnalité, me conseille les meilleurs comportements, me récompense et me sanctionne. J’exagère ?

Lisez Zero de Marc Elsberg ; ce n’est pas de la littérature, mais un thriller très efficace qui donne une bonne idée de ce qui est devenu possible.

Et si vous n’y croyez pas, devenez citoyen chinois ; ce n’est ni de la littérature, ni un thriller, mais la sinistre vérité d’un avenir très proche.

 

Et si on réfléchissait un tout petit peu avant de céder à ce « besoin » de tout évaluer en permanence ?

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